Thursday, October 18, 2007

Ecran vierge.

Tam tam tam tam...
Je voulais vous conter notre visite chez le gygy-échographe et ses merveilles. Mais le souci c'est qu'après avoir lu un roman dit sentimental, l'avoir résumé, fiché, calibré, commenté, classifié. Après avoir rewrité le premier chapitre d'un autre roman sentimental, ma plume (mon clavier) est sèche (est sec est-il utile de préciser).

Mes doigts ont tapé Samantha et Davina sur les jolies touches blanches de mon clavier ces dernières heures. Mon cortex cérébral a muté vers un univers différent et peu réel. Mes neurones sont fatigués de tant de tant (comment dire) d'accomodation. Je vous vois venir bande de pervers neuronés - non je ne répondrais pas à la question primaire mais que fais tu avec un roman sentimental ? - le roman sentimental : c'est mal. Vous n'avez pas raison ! Là c'est mon côté Christiant Spitz qui se réveille...

Non, ça n'est pas mal. Certes ce n'est pas du Houellebecq (ouf !), ni du Joyce Carol Oates (si z'avez pas compris à la longue que c'est mon auteur (je refuse de féminiser, je vous bloggerai sur le sujet)) préférée (rhhaaa c jouissif la faute) (snif, c'est pas du Oates), le roman sentimental ça n'est pas mal...

Le premier argument c'est que ça n'est pas mal parce que ça ne fait pas de mal ! (Ca se sont les restes de 99 francs vu au ciné mardi soir...). Enfin quand on est plongée (20% seulement des lectrices sont des poilus) dans un roman sentimental on ne peut décemment envisager de faire du mal, de se faire mal ou de mal faire. D'autant plus que dans le sentimental, il y a aussi du mâle, et du sérieux, croyez moi, donc ces dames se font du bien. Vu ?

Ensuite en France depuis 1977, nous subissons les assaults des romans sentimentaux. Si ça avait dangereux pour la santé, ça aurait été interdit bien avant. Tout a commencé avec Barbara Cartland, belle-soeur de la Reine d'Angleterre (je vous accorde que ça ne doit pas trop lui plaire, mais Barbichoue est décédée depuis fort longtemps... donc nous ne médirons point, même royalement), auteur de romans sentimentaux très 70's et pudiques.

Si les choses ont évoluées au sens des moeurs et du vocabulaire (il faut bien voir aujourd'hui que ces dames (couchez les enfants svp) aiment le sexe et gravement (pénétration avec les doigts, fellation - complète-, levrette, orgasmes... les mots sont plus choisis certes) le roman rose a également adopté une stratégie marketing fascinante. Il se décline en plusieurs gammes, du Hot à la Saga. Calibré à l'extrême tant pour le décor, les personnages et le format, c'est un une genre de prouesse à rédiger et surtout une très grosse machine à vendre. Du rêve, un peu guimauvé certes, scandaleux pour certains...
Dont BHL, il est vrai que miss Dombasle serait une bonne égérie, la trouille pousse parfois à adopter une position extrême pour être certain de ne pas y tomber.

Bref tout ça pour dire que par exemple les éditions H, vendent plus de 12 millions de bouquins par an en France. Ca n'est pas parce qu'il existe un marché que c'est forcément bien, je sais. Mais en toute discrétion ce mastodonte rend plus belle pour un moment la vie de nos concitoyennes (et de 20% de poilus qui doivent se cacher !). Et ce à répétition... Non tout le monde ne peut pas lire : Bobin, Oates, Kennedy, Grimbert (oui c'est éclectique et restrictif c'est exprès)... Comme tout le monde ne regarde pas un Woody Allen (ah je vous entend hurler la référence intello évidente et merdique, hou hou hou... encore j'adore !), un Godard (Bis... hihi je me marre)... Bref tout le monde ne lit pas non plus le Magazine Littéraire...

Tout ça pour dire : (ben oui, on s'épate soi-même dans la vie parfois, c'est ça qui est bien). Laissez Sam et Davina être lues en paix ! Pitié ne rigolez plus ! Au moins elles sont lues, c'est un livre avec des pages qui se tournent. Les neurones se mettent en marche pour imaginer, créer, penser la jolie fille, le mec sex, le décor... C'est pas hyper intello, mais c'est plus intelligent - à MON sens - que se vautrer devant la Star Ac' et d'avoir des neurones passifs et okayyyy pour absorber la pub Coke ou Nike.

Et en parlant de Nike, croyez moi dans les romans sentimentaux, c'est pas dans la grolle que ça se passe...

Bref cette parenthèse chevaleresque (oué, je sais je pourrais être un mec dans un roman sentimental) passée, je viens vous dire que je bloggerai lundi sur le sujet :

ps : si y'en a qui me dit que Allen et Godard c'est affreux de les comparer, je le bénis :)


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